À tous seigneurs tous honneurs !
En
1966 j'étais en quatrième au lycée Claude Bernard d'Enghien-les-Bains,
un lycée de riches pour les riches où s'était égaré un fils d'ouvrier ex
footballeur professionnel. Parmi tous les petits et grands bourgeois il
se trouvait aussi quelques bonnes personnes que la mixité sociale ne
rebutait pas.
Parmi
ces justes (oui je sais c'est un peu excessif...) il en était un à qui
je dois mon éveil au rock et à toute cette musique de dégénérés qui a
baigné mon adolescence.
Pourquoi
se décida-t-il à se séparer de son exemplaire du "Revolver" des Beatles
? Mystère et boules de gommes comme on disait en ce temps-là !
Toujours
est-il qu'après les vagissements proprets des yéyés sévissants sur les
grandes ondes (la F.M. n'étendra son hégémonie qu'un peu plus tard) cet
album fut comme un grand coup de pied dans mon petit cul de banlieusard
!
Je
ne remercierai jamais assez cet ami de me l'avoir vendu pour dix francs
! Un euro et cinquante centimes d'aujourd'hui pour un des trésors de la
musique contemporaine !
Un
euro cinquante pour quitter le monde de la guimauve sucrée endormeuse
des masses laborieuses distillée par les grandes radios nationales pour
entrer de plein pied dans un monde de musique qui ne vous prend pas que
pour des consommateurs mais qui, accessoirement, essaye de toucher votre
esprit critique et un peu votre âme aussi, pour peu que vous pensez que
ça existe une âme, en tout cas toucher votre humanité.
Quarante-sept ans après la magie est toujours là même si deux des voix gravées dans le vinyl se sont tues à jamais.
Eleanor
Rigby rêve toujours de mariage et les chaussettes du père McKenzie sont
toujours trouées, le sous-marin jaune est à quai et Paul est maintenant
sir Paul mais qu'importe les Beatles nous ont concocté là un disque
intemporel, un disque qui pour eux comme pour moi fut celui qui nous
aida à devenir adulte du moins musicalement.
Je
ne vous ferai pas une critique en bonnet difforme, d'autres plus
érudits l'ont faite et refaite, disséquant les arcanes de la création de
l'œuvre, pointant du doigt les trouvailles sonores et musicales de ce
qui allait être un des albums fondateurs de la pop, du rock et de
l'univers des quatre fantastiques pour encore quelques cinq belles
années pour eux et une éternité pour nous.
Je
vous dirai juste que plus encore que "Sgt. Pepper's" "Revolver" m'a
donné envie d'écouter la musique pas seulement de l'entendre.
Et que "For No One" me donne toujours envie de pleurer quand je l'entends...
Hello happy payeurs de taxe !
À tous seigneurs tous honneurs !
En
1966 j'étais en quatrième au lycée Claude Bernard d'Enghien-les-Bains,
un lycée de riches pour les riches où s'était égaré un fils d'ouvrier ex
footballeur professionnel. Parmi tous les petits et grands bourgeois il
se trouvait aussi quelques bonnes personnes que la mixité sociale ne
rebutait pas.
Parmi
ces justes (oui je sais c'est un peu excessif...) il en était un à qui
je dois mon éveil au rock et à toute cette musique de dégénérés qui a
baigné mon adolescence.
Pourquoi
se décida-t-il à se séparer de son exemplaire du "Revolver" des Beatles
? Mystère et boules de gommes comme on disait en ce temps-là !
Toujours
est-il qu'après les vagissements proprets des yéyés sévissants sur les
grandes ondes (la F.M. n'étendra son hégémonie qu'un peu plus tard) cet
album fut comme un grand coup de pied dans mon petit cul de banlieusard
!
Je
ne remercierai jamais assez cet ami de me l'avoir vendu pour dix francs
! Un euro et cinquante centimes d'aujourd'hui pour un des trésors de la
musique contemporaine !
Un
euro cinquante pour quitter le monde de la guimauve sucrée endormeuse
des masses laborieuses distillée par les grandes radios nationales pour
entrer de plein pied dans un monde de musique qui ne vous prend pas que
pour des consommateurs mais qui, accessoirement, essaye de toucher votre
esprit critique et un peu votre âme aussi, pour peu que vous pensez que
ça existe une âme, en tout cas toucher votre humanité.
Quarante-sept ans après la magie est toujours là même si deux des voix gravées dans le vinyl se sont tues à jamais.
Eleanor
Rigby rêve toujours de mariage et les chaussettes du père McKenzie sont
toujours trouées, le sous-marin jaune est à quai et Paul est maintenant
sir Paul mais qu'importe les Beatles nous ont concocté là un disque
intemporel, un disque qui pour eux comme pour moi fut celui qui nous
aida à devenir adulte du moins musicalement.
Je
ne vous ferai pas une critique en bonnet difforme, d'autres plus
érudits l'ont faite et refaite, disséquant les arcanes de la création de
l'œuvre, pointant du doigt les trouvailles sonores et musicales de ce
qui allait être un des albums fondateurs de la pop, du rock et de
l'univers des quatre fantastiques pour encore quelques cinq belles
années pour eux et une éternité pour nous.
Je
vous dirai juste que plus encore que "Sgt. Pepper's" "Revolver" m'a
donné envie d'écouter la musique pas seulement de l'entendre.
Et que "For No One" me donne toujours envie de pleurer quand je l'entends...
Hello happy payeurs de taxe !